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Avant  de connaître  dans le détail la passionnante histoire et la généalogie de Michel et de sa famille les BOUCHARD. Ce colporteur drapier des Hautes-Alpes, d'une famille de marchands établie en Dauphiné depuis le XVI° siècle, et qui a migré au début du XVIII° siècle en Bourgogne, donnant par sa descendance avec son fils Joseph et petit-fils Antoine-Philibert-Joseph, la naissance des séculaires et célèbres maisons de négoce de vins à Beaune, BOUCHARD PÈRE & FILS, BOUCHARD AÎNÉ & FILS mais aussi ...PATRIARCHE. Voici  les  révélations d'éminents chercheurs et docteurs en histoire comme J. DEPOIN, Dominique BARTHÉLEMY et Brigitte BEDOS ancienne élève de l'Ecole Nationale des Chartes, sur  ce  patronyme très ancien lié  à  l'histoire  de  France  et ce dès  le  X°  siècle. 
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Patronyme  et  Histoire  de  France

Très ancien patronyme français, origine de celui de tous les BOUCHARD actuellement dans le monde, particulièrement aussi au Canada.

Des premiers BOUCHARD dans l'histoire de France, issus des grandes familles Carolingiennes ; sous le règne de Louis Ier le Débonnaire, troisième fils de Charlemagne, roi des Aquitains ; les BOUCHARD se rencontrent dès 890 dans ces lignées séculaires de «comtes vassaux» des Robertiens ; de Robert le Fort au roi Lothaire, jusqu'aux cents jours qui permirent à Hugues Capet de monter sur le trône.

Une famille de seigneurs du Haut Moyen Âge, les BOUCHARD de Vendôme, jusqu'à leurs descendants au XIV° siècle, qui par leurs mariages rejoindront les Bourbon, mais aussi les  Montmorency
qui s'y rattachèrent avec un homonyme, pour essayer de relier leur origine à cette grande et illustre noblesse de noms célèbres du X° et XI° siècle ;

.   BOUCHARD Ier ( Ratapilata ) ou Chauve-Souris, l'un des principaux conseillers du duc des Francs Hugues le Grand ou Abbé duc de Neustrie, de Bourgogne et d'Aquitaine, comte de Paris, marié à Echilde d'Angleterre et en seconde noce avec Hedwidge de Saxe, soeur de Gerberge épouse de Louis IV d'Outre-mer, et dont l'oncle était le roi Eudes, de 888 à 898, son père Robert I, roi en 922, mort à la bataille de Soisson le 15 juin 923 contre Charles III le Simple, et enfin son frère Raoul de Bourgogne, roi de 923 à 936.
BOUCHARD Ier se rendait souvent à sa cour ; en mai 930 il était à Bourges ; en mai 942 il se trouvait à Fontaines en Orléanais près du duc. Il épousa la soeur de Landry Sore, seigneur de Beaugency, descendant d'un missus dominicus belge, que Charles le Chauve envoya en 853 dans le pays chartrain pour organiser la défense contre les Normands. Ils eurent un fils BOUCHARD II qu'ils firent élever à sa cour. Il mourut vers le milieu du X° siècle*.

.   BOUCHARD II ( Vetulus ) ou LE VÉNÉRABLE, personnage de la noblesse, considérable, et de premier titre et rang politique à la fin du X° siècle, qui, élevé à la cour du duc des Francs, passa toute sa  jeunesse avec Hugues, fils de Hugues Le Grand, et l'emporta sur ses compagnons d'âge dans la faveur amore») de ce futur roi nommé Hugues Capet en 987. Un fidèle entre les fidèles («fidelem militem») pendant son règne et très dévoué serviteur *.

Il souscrit comme chevalier à deux actes de donations à Notre-Dame de Chartres de 949 à 956. Comte de Vendôme en 960, Montoire et Lavardin.

Hugues Capet encore duc, attira près de lui son compagnon d'enfance et l'invita à épouser Elisabeth, comtesse de Corbeil, jeune veuve de Aymon mort au cours d'un pélerinage à Rome. À cette occasion usant de ses prérogatives, il lui donna en tant qu'ami intime, grand officier et conseiller, le château de Melun, et celui de Corbeil. Par Corbeil et Melun, il commandait ainsi la navigation de la haute Seine et le ravitaillement de Paris.

Toujours en cette année 960, entendant la plainte et promesse de la mense épiscopale (biens fonciers et revenus de l'évêché), de l'évêque Sigefroi de Bellême du Mans qui avait été chassé de son siège par Hugues du Maine. Il leva ses vassaux pour faire la guerre au comte, et victorieux agrandit ainsi son patrimoine en mettant la main sur le Maine.

Par la suite, il étendra son emprise en 967 sur la Touraine avec Saint-Julien de Tour puis avec la collégiale de Marmoutier.

Le 7 février 973, il se trouvait à Orléans à la cour ducale de Hugues Capet, ainsi que de 978 à 983, et en mars 987 à Saint-Denis.

Otton I, roi des Germains meurt le 7 mai 973, son fils Otton II fut élu roi à sa succession par son peuple et les Belges. Lothaire, roi de France en 954 cherchait à s'emparer de la Belgique qu'il jugeait posséder de son père, mais appartenait surtout à sa mère Gerberge de Saxe, de même Otton II qui considérait l'avoir reçue de son père. La discorde mena à la guerre.

En 978, Lothaire après consultation des grands du royaume avec le duc Hugues, se lança sur Aix la Chapelle et l'ancien palais de Charlemagne où s'étaient établis Otton avec sa femme qui était enceinte, pour s'en emparer et le tuer. Otton s'enfuit et Lothaire ramena son armée. Mais Otton, désirant laver immédiatement cet affront, leva une armée de 60.000 hommes dont 30.000 cavaliers, et envahit la France le 1er octobre 978 à la poursuite de Lothaire, qui à son tour, surpris par l'importance de son armée, s'enfuit et alla se réfugier à Étampes. Cette menace extérieure agissant fortement sur l'unité de la noblesse française, le duc Hugues s'enferma à Paris pour lever une armée. L'empereur fit le siège de Paris qu'il ne put prendre, et voyant que les Français réussissaient à regrouper de plus en plus leurs armées, il décida de retirer ses troupes vers le 30 novembre.
BOUCHARD le Vénérable fut l'un des chevaliers qui se distingua le plus avec le duc Hugues pour le contenir sur les rives de la Seine et le combattre. Ainsi lors de sa retraite, il réussit à prendre à l'ennemi quatre étendards ou aigles impériales cela lui permit d'orner la croix de ses armes de quatre alérions.

En 980, iI accompagna Hugues Capet contre le comte de Flandre, Arnoul le Jeune, pour lui reprendre les reliques q'il détenait injustement à Saint Bertin, de saint Valery et de saint Riquier. Selon la légende monacale, les 2 et 3 juin, BOUCHARD accompagné de Orland, vicomte de Vineu, chargés de la chasse d'argent qui renfermait les reliques, arrivés à l'embouchure de la Somme, le fleuve en crue se calma soudain et les flots s'entrouvirent devant les reliques des saints et leurs porteurs pour qu'ils puissent passer le gué*.

En mars 981, il part à Rome** avec Hugues Capet et Arnoul évêque d'Orléans, pour une entrevue avec Otton II, afin que le duc des Francs obtienne une contre-assurance. Hugues Capet étant vivement indigné de l'arrangement que Lothaire avait conclu individuellement et clandestinement avec l'empereur à Margut-sur-Chiers le 5 juillet 980, sans la consultation du groupe de ses fidèles : évêques, abbés, comtes, dont les intérêts étaient en jeu et dont certains avaient vu leurs biens mis à mal par les troupes d'Otton, et avaient vaillement défendu le territoire, comme Paris, en 978. Cet arrangement sur la renonciation de la Basse-Lotharingie (partie de la Belgique), et donc de la Lorraine qui appartenait au royaume, était inacceptable sans leur accord. Le roi Lothaire se méfiant de la fidélité de l'alliance robertienne préféra se réconcilier avec son adversaire Otton II sans se douter qu'Hugues fit de même avec l'acquiescement d'Otton, dans sa fidèlité à la tradition impériale qui tendait à maintenir l'équité entre le roi et le duc des Francs. Lothaire dès lors affaibli par cette démarche, avec en plus le détournement des grands du royaume envers lui, décida de s'emparer du duc et organisa un complot avec Conrad le Pacifique, roi de Bourgogne transjurane et oncle de la reine Emma. Celle-ci fit de même avec sa mère l'impératrice Adélaïde qui se trouvait à Rome avec son fils Otton pour dresser des embûches de tous côtés au duc lors de son retour. Hugues mis au courant de ces traquenards leur échappa en se déguisant en domestique lors de son retour. La discorde entre le duc et le roi dura un an.

Le 21 mai 987, Louis V le Fénéant, un an à peine après son accession au trône, meurt des suites d'une chute de cheval lors d'une chasse.
Le 3 Juillet 987, Hugues Capet ceint la couronne royale et choisit BOUCHARD le Vénérable, son fidèle lieutenant, pour le remplacer lors de ses absences dues aux guerres qu'il allait être forçé de soutenir, contre son compétiteur Charles de Loraine, fils de Louis IV d'Outre-Mer et frère de Lothaire, qui revendiquait la couronne, et ses sujets rebelles, soit pour l'administration du Parisis, soit à la tête de l'armée royale. Le comte de Corbeil fut nommé comte royal de Paris, «comes regalis», sous ce titre il était non pas vassal mais officier. Après lui il n'y aura plus que des vicomtes de Paris.

Du moment qu'il avait reçu le «comitatus», le comte BOUCHARD avait droit aussi à la «moneta», il fit dès lors frapper les monnaies dans son atelier à Paris comme comte royal, en y apposant son monogramme (COB, pour «COmes Burchardus») celui-ci supplantant même le nom de son suzerain Hugues Capet.

Au synode de Saint-Basle de Verzy le 17 juin 991, il intervint avec rudesse pour presser la chute et destitution de l'archevêque Arnoul de Reims**; qui était jugé par ses pairs pour trahison et crime de lèse-majesté, en ayant soutenu son neveu Charles de Lorraine contre Hugues Capet. En récompense de son intervention, son fils Renaud fut nommé évêque de Paris. Celui-ci donna au chapitre de Paris l'église de Saint Merry et la moitié de l'Hôtel-Dieu.

Profitant des embarras où le jetait le procès d'Arnoul de Reims, son  pire ennemi, le comte Eudes Ier de Blois qui "le jalousait beaucoup" **
 , et voulait contrôler Paris et Tours, mit la main sur son château de Melun, en soudoyant le châtelain Gautier et sa femme, fief royal qu'il revendiquait paraît-il, en alléguant que la ville avait appartenue à son aïeul et qu'elle n'était pas occupée directement par le roi mais tenue de lui par un vassal**. Le roi Hugues Capet et son fils, Robert II le Pieux (qui devint roi de 996 à 1031), firent appel non seulement aux Français et aux Angevins avec Foulques Nerra époux d'Elisabeth, fille du comte Bouchard, mais aussi aux Normands du duc Richard Ier, comme fer de lance, qui vinrent avec leur armée et leur flotte. Dès septembre 991, ceux-ci libérèrent la Ville en découvrant une entrée sous le rempart se trouvant sur la seine, qu'ils avaient démoli, et par où ils s'introduisirent pour y pénétrer et la délivrer. Hugues, en châtiment effroyable et dans son aspect infament pour l'époque, fit pendre le couple châtelain traître, Gautier au gibet public qui se trouvait près d'une porte de la ville, pour montrer sa déchéance en tant que gardien de la ville, et sa femme après d'inouïes outrages fut pendue quant à elle par les pieds jusqu'à la mort, les vêtements tombant le long du corps, puis totalement dépouillée laissant le corps nu, châtiment terrible pour une femme au Moyen Âge, relaté par Eudes de Saint-Maur. La garnison coupable, selon les règles féodales, qu'à son seigneur et non pas de lèse-majesté fut épargnée.
Eudes Ier de Blois voulant se venger de son échec, livra une nouvelle bataille à Bouchard le Vénérable dans la vallée d'Orsay en novembre 991 ; mal lui en prit, il fut mis en pleine déroute.
La lutte acharnée se poursuivit entre le comte d'Angers, Foulques Nerra et Eudes de Chartres pour la domination de la Bretagne. Eudes avant de mourir en 996 demanda la paix au roi Hugues, moyennant une forte somme, mais le nouveau roi Robert II le Pieux, refusa vivement, ce qui valut à Hugues un surcroît d'ennuis.

Enfin il escorte le roi, l'été 996, dans un dernier pélérinage à Souvigny sur le tombeau de saint Maïeul**. Il reçut en faveur du roi à cette occasion l'abbaye de Saint-Maur-des- Fossés.

Il mourût le 26 février 1007, retiré au monastère de Saint-Maur-des-Fossés en tant que simple novice, où il fut enterré avec son épouse*.

Ils laissèrent deux enfants ; Renaud I, comte de Vendôme, évêque de Paris en 991, chancelier de France qui mourut le 18 janvier 1020, et Elisabeth dite Adèle de Vendôme qui fût la première épouse en 985, du comte d'Anjou Foulque III, dit Nerra, suite à son teint de peau sombre. Elle fit en 990, un don à l'abbaye de Marmoutier afin d'avoir des enfants. Elle ne put avoir qu'une fille, Adèle, et mourut brûlée vive en l'an mil. La légende attribua sa mort à son mari, fort belliqueux, qui, furieux de n'avoir pas eu d'héritier mâle, l'accusa d'adultère et la fit brûler vive à Angers, quelques jours plus tard il commandita aussi l'incendie de la ville. Il se remariera un an après avec Hildegarde-Lorraine de Sundgau qui lui donna un fils en 1006, Geoffroy Martel, comte d'anjou et de Vendôme.

Elisabeth eut donc une seule fille, Adèle de Vendôme Anjou, mariée à Bodon de Nevers, qui eurent trois enfants ; BOUCHARD III le Chauve, sans descendance ; Foulque l'Oison et Gui.

 

 

 

 

  

Image tirée d'un Fresque du XIIIe siècle

de l'église St-Jacques-des-Guérets
*.
Départ des  chevaliers pour la deuxième
croisade (1146-1148) sous Louis VII-Le-Jeune
Le premier  chevalier qui rejoint
la croisade en 1147, représentant 
Thibaut de Montmorency  porte les armes
que sa famille substitua
de  BOUCHARD II le Vénérable
<< d'or, à la croix de gueules, cantonnées 
de quatre alérions d'azur >>

 

 

 

      

Blason de Bouchard II (quatre alérions) repris par les Montmorency
qui rajoutèrent des alérions à la suite de différentes batailles victorieuse.

 

 

 



Représentation anonyme du siège de Melun en 991
par  le comte Bouchard le Vénérable

   
Cliquez sur l'enluminure pour lire le manuscrit 
en latin du XIe siècle  de La Vita Burcardi
Vie de Bouchard le Vénérable
d'Eudes de Saint-Maur,  
traduit par  M. Guisot   ( Paris  1825 )
 

 

 

 



Prise de Melun en 991 par le comte Bouchard le Vénérable
Jehan Fouquet, Grandes chroniques de France, XVe siècle, BNF, ms. fr. 6465, folio 166 verso.

 

 

 

Les Monnaies de Bouchard, comte de Paris
Maurice Prou, société française de numismatique, 1896 *

 

 

 

 

Manuscrit enluminé - Yves, moine de Saint-Denis 1317 -
- Gesta regum Francorum -

Représentant la généalogie des derniers Carolingiens
de Charlemagne à Louis V le Fénéant,
et montrant que Hugues Capet était le descendant de Charlemagne par sa mère Hedwidge de Saxe descendante de Louis le Pieux
avec son fils Louis le Germanique.
Écrit dans le texte par le moine, dans le carré du bas en rouge,
«et on ne peut nier que cet Hugues Capet ne fût
le vrai descendant de la race de Charlemagne
» !
BNF,Ms. latin 13836
- Passez le curseur sur l'image pour l'agrandir -

Le patronyme BOUCHARD subsista avec l'héritier mâle de Foulque l'Oison marié à Pétronille ; BOUCHARD IV le Jeune, mais mort en 1085 et sans descendance on le retrouvera par sa soeur Eufronie mariée à Geoffroi Jourdain de la maison de Preuilly (°1085, 1101) avec leur arrière-petit-fils BOUCHARD V, comte de Preuilly (°1139, 1202).

Puis avec la maison de Montoire, dont Agnès, fille de BOUCHARD V, mariée avec Pierre de Montoire qui eurent comme fils aîné Jean IV, sire de Montoire comte de Vendôme, et BOUCHARD VI en petit-fils, comte de Vendôme, chevalier, seigneur de Lavardin & de Montoir, qui participa avec Charles de France, comte d'Anjou, à la conquête du royaume de Sicile en 1266.
BOUCHARD VI eut Jean V, sire de Montoire et comte de Vendôme, BOUCHARD de Vendôme, seigneur de Bonneveau (1243,<1345), et Agnès mariée avec BOUCHARD de l'Ile BOUCHARD en 1280.
Jean V eut
BOUCHARD VII comme fils aîné, comte de Vendôme de 1311 à 1354, marié avec Alix de Bretagne.

Celui-ci eut deux fils qui survécurent avec descendance, Jean VI et BOUCHARD, seigneur de Segré et de Feuillet.
Jean VI marié avec Jeanne de Ponthieu eut comme fils aîné BOUCHARD VIII, comte de Vendôme et de Castres, et une fille Catherine.

Ces derniers, par leurs mariages relièrent les BOUCHARD de Vendôme et de Castres aux BOURBON, descendants de Louis IX (Saint-Louis), et de fait après les CAPÉTIENS, au rois de France d'Henri IV à louis XVI, appelé Louis Capet le 21 septembre 1792 à l'abolition de la monarchie ;

- en 1365, BOUCHARD VIII épousa Isabelle de Bourbon, fille de Jacques de Bourbon, ils eurent qu'une fille Jeanne (1371, 1400) .

- en 1364, Catherine de Vendôme, sa soeur, avait épousé Jean de BOURBON, comte de la Marche, et qui devint comte de Vendôme, de Castres, seigneur de Lezignan en Narbonnois, d'Eperon, de Brehencourt, du Teil, Romalart, Cailly, Clacy & Quillebeuf, suite au décès en 1371 de son beau-frère le comte BOUCHARD VIII.
Il accompagna Bertrand du Guesclin lorsqu'il passa en Castille en 1366.



Catherine de Vendôme, soeur de BOUCHARD VIII, & Jean de BOURBON
Vitrail du XV° siècle de la chapelle de Vendôme, cathédrale de Chartres

 


           La légende  des premiers BOUCHARD de Montmorency
        au X & XIe siècle, selon J.DEPOIN 1908.

           Cliquez sur le parchemin pour en prendre connaissance

 

Durant la fin du X° siècle, l'on trouve une autre lignée de BOUCHARD possessionnés dans le Sénonais, ils sont issus d'un BOUCHARD, frère de l'archevêque de Sens, Gauthier Ier (887-924), lequel eut pour fils BOUCHARD de Bray aux alentours de 1005, donnant dans sa descendance BOUCHARD I de Montmorency, dit le Barbu. Établi en l'Île Saint-Denis, que Robert II le Pieux sur plainte des moines de l'abbaye de Saint-Denis, après avoir détruit son château, chassa et obligea à s'installer dans la châtellenie à Montmorency devenant désormais son castrum. Il donna la lignée de la famille des Montmorency***; sur dix siècles jusqu'à la dernière de ses descendants, Anne-Marie Eugénie Justine de Montmorency qui mourut en 1922, avec des noms célèbres dans cette lignée familiale ;

.  Mathieu II BOUCHARD de Montmorency, le plus illustre,  qui à la bataille de Bouvines le 27 juillet 1214, ayant enlevé douze aigles impériales à l'ennemi et les déposant aux pieds de Philippe-Auguste, eut de sa part en signe de gratitude l'autorisation de faire figurer sur son blason douze alérions à côté des quatre qui composaient déjà l'écusson de BOUCHARD II le Vénérable pris par sa famille pour s'attribuer une ascendance honorable qu'était loin d'avoir son ancêtre BOUCHARD de Bray.****

Pour l'anecdote, le tristement célèbre,

. Gilles BOUCHARD de Montmorency-Laval (1404-1440), dit Gilles de RAIS, maréchal et pair de France, quatrième compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, qui sombra dans une folie meurtrière sur des jeunes enfants et adolescents ce qui lui valut d'être pendu, livré aux flammes et d'inspirer dans les légendes françaises, le personnage de Barbe Bleue.

Et enfin, duc et pair, maréchal, grand maître de France et connétable, Anne de Montmorency, (1493-1567), personnage influant de la Renaissance sous François Ier.



LE CHÂTEAU  DES  BOUCHARD
DU  X° et  XVII° SIECLE



Vue du Château de Vendôme au XVIIe siècle - Passez le curseur sur l'image pour l'agrandir -

(Estampe de Bergeot © musée de Vendôme)
© Service des Musées de France, base Joconde, 2011
© Vendôme ; musée de Vendôme, 2011, crédit photos des estampes du château : © Susana Pereira Tavares

L'origine du Château de Vendôme est très ancienne et remonte sans aucun doute à l'époque Gauloise où un Oppidum permettait de protéger les habitants d'une petite cité.
Il s'est ensuite développé progressivement à l'époque Gallo-Romaine puis pendant le Moyen Âge. Les premières constructions de pierre (les tours coté est) remontent vers 960, à la fin du Xe siècle, à l'époque de Bouchard le Vénérable, comte de Vendôme. La Tour de Poitiers est la tour la plus remarquable, elle doit son nom à Guillaume le Gros, comte de Poitiers, qui y a été emprisonné en 1034 par Geoffroy Martel, fils de Foulque Nerra comte d'Anjou et ancien époux d'Elisabeth, fille de Bouchard le Vénérable, morte brûlée vive à Angers. En 1161, Jean Ier comte de Vendôme défendit vaillement le château assiégé par le comte de Blois, avec ses deux fils Bouchard V et Lancelin. L'enceinte du château est construite. En 1188, la ville et le château occupés par les anglais, délivrés par Bouchard V dès le premier assaut, sont remis au roi Philippe Auguste. Peine perdue, en août de la même année Richard Coeur de Lyon reprend le château. En 1194, Philippe Auguste revient faire le siège du château mais s'affronte de nouveau avec Richard Coeur de Lyon, le 5 juillet 1194 à Fréteval, et vaicu du s'enfuir.
Au XIV° siècle, le château et le comté passe après la mort de Bouchard VIII, entre les mains de sa soeur Catherine de Vendôme et de son époux Jean I de Bourbon, et donne naissance à la maison Bourbon-Vendôme.
Le château fut agrandi et remanié durant la guerre de cent ans. En 1458, le Roi Charles VII tient une Chambre de Justice dans la grande salle du château pour juger le duc d'Alencon, coupable de trahison au profit des Anglais. Jeanne d'Albret, reine de Navarre mais aussi duchesse de Vendôme a résidé fréquemment au château. Il a été endommagé par son fils Henri IV lors du siège de Vendôme en 1589 contre les ligueurs catholiques. Il réussit à récupérer la ville. Le duc César de Vendôme fait ensuite réaménager le château en résidence au XVIIe siècle, dont une rampe d'accès agrémentée de trois portes monumentales ainsi qu'une porte d'entrée pour ouvrir le château vers l'extérieur. Le chantier débute en 1620. Son allure est donnée par la gravure ci-dessus. Mais ses descendants ne l'habitèrent plus et il se dégrada progressivement. Déclaré Bien National à la Révolution Française, il est découpé en lots et vendu aux enchères. La ville en a récupéré l'essentiel par des rachats et des dons durant ces deux derniers siècles. Pour autant sa dégradation s'est poursuivie de manière inexorable. A l'intérieur du château se trouvait la Collégiale Saint Georges, une église. Elle a été détruite en 1794. C'est dans cette église qu'étaient enterrés les comtes de Vendôme et en particulier les Bourbon-Vendôme, ancêtres des rois de France depuis Henri IV. L'estampe ci-dessous représente les ruines du château de Vendôme, vue de la rampe.




Estampe du 1er quart du 19e siècle du Château de Vendôme en ruine

DELAVAL Pierre Louis ( dessinateur , d'après ) ; BAUGEAN Jean Jérôme ( graveur ) ; OSTERWALD l'Aîné ( éditeur )
© Service des Musées de France, base Joconde, 2011
© Vendôme ; musée de Vendôme, 2011, crédit photos des estampes du château : © Susana Pereira Tavares




Ruines actuelles de l'enceinte médiévale du Château de Vendôme du XIIe siècle

de Bouchard le Vénérable, comte de Vendôme.


*   Charles BOUREL DE LA RONCIERE - Archiviste Paléographe - Vie de BOUCHARD LE VENERABLE, COMTE DE VENDOME, DE CORBEIL, DE MELUN ET DE PARIS (X° ET XI° SIECLES) PAR EUDES DE SAINT-MAUR, Paris, Alphonse Picard et Fils, Editeurs, 1892,VII - VIII
    
Dominique BARTHÉLEMY - Fidèle entre les fidèles pendant le règne d'Hugues CAPET -
, - Sur les traces du comte Bouchard : dominations châtelaines à Vendôme et en Francia vers l'an Mil -, Acte du colloque Hugues Capet 987-1987. La France de l'an Mil, Paris - senlis, 22-25 juin 1987, Paris, 1992, éd. Picard.   
                                                                                                                                                   - La Société dans le comté de Vendôme, de l'an mil au XIV° siècle, Paris 1993 , 1118  p. Fayard, 1993                                                                                                                                                
      PROU, Maurice (1861-1930), “Les Monnaies de Bouchard, comte de Paris,”

 

**  « le duc, qui, en compagnie de quelques personnages habiles et avisés : Arnoul, évêque d'Orléans, Bouchard et .., ainsi que d'autres choisis parmi ses intimes, partis alors pour Rome », RICHER, Histoire de France, (888-995) tome 2, 954-995, éd. textes latin et traduction R. Latouche, (Les Classiques de l'histoire de France au Moyen Age), Paris, 1937, p.107
 
      Interrogatoire de l'accusé, Ferdinand LOT, Etudes sur le règne de Hugues Capet et la fin du X° siècle, Paris, 1903, p.75 ;
« Il intervient avec rudesse pour presser la chute d'Arnoul de Reims » , Acta synodi Sancti Basoli, HF 10, p.530 ;

« enfin il escorte le roi, l'été 996, dans un pélérinage à Souvigny au tombeau de saint Maïeul »
, Libri duo miracula sancti Maioli, HF 10, p. 363, 565 ;
 
«
Profitant des embarras où le jetait ce procès d'Anoul évêque de Reims ».. « fief royal qu'il revendiquait paraît-il, en alléguant que la ville avait appartenue à son aïeul et qu'elle n'était pas occupée directement par le roi mais tenue de lui par un vassal », Ferdinand LOT, Etudes sur le règne de Hugues Capet et la fin du X° siècle, Paris, 1903, p.159; (cliquer sur l'enluminure du siège de Melun pour lire le manuscrit en Latin avec sa traduction).

«
qui le jalousait beaucoup », Eudes de Saint Maur, Vita Burchardi, c. 7, éd. de La Roncière, p. 18.

***  La Châtellerie de Montmorency des origines à 1368 - Aspects féodaux sociaux et économiques, Brigitte BEDOS, Société Historique et Archéologique de Pontoise, du Val D'Oise et du Vexin, Paris, 1980

**** À ce jour, aucune preuve historique  ne lie les Montmorency aux BOUCHARD de Vendôme et d'Anjou, malgré les fabulations de divers généalogistes du XVII et XVIIIe siècle ou d'éminents chercheurs..  Du CHESNE, par exemple avait la charge d'honorer les familles dont il devait retracer une glorieuse histoire en recherchant de grandes alliances. Pour les Montmorency des alliances robertiennes et capétiennes flatteuses furent énoncées du XVIIe jusqu'à nos jours dans leur ascendance avec BOUCHARD LE VÉNÉRABLE.
Mais la vie de BOUCHARD LE VÉNÉRABLE elle, nous est bien connue grâce à  son biographe, Eudes de Saint-Maur, qui l'écrivait en 1058 avec preuves historiques, dont une édition critique avec analyse des sources a été faite en 1892 par Charles BOUREL de LA RONCIERE, archiviste et paléographe, qui dans son étude ne donne aucune jonction avec les Montmorency.

( Cliquez sur l'enluminure représentant le siège de Melun pour lire le manuscrit en latin du XIe siècle )
Néanmoins cela  a ainsi permis au blason des premiers BOUCHARD d'être connu et de vous le présenter.

 
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